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Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.
George Sand
Dans “la Mare au Diable” (1846) le père Bontemps est épileptique.
La Mare au diable, appendice, IV. - Le chou
On remonta à cheval et on revint très vite à Belair. Le repas fut
splendide, et dura, entremêlé de danses et de chants, jusqu’à minuit.
Les vieux ne quittèrent point la table pendant quatorze heures. Le
fossoyeur fit la cuisine et la fit fort bien. Il était renommé pour
cela, et il quittait ses fourneaux pour venir danser et chanter entre
chaque service. Il était épileptique pourtant, ce pauvre père Bontemps!
Qui s’en serait douté? Il était frais, fort, et gai comme un jeune
homme. Un jour nous le trouvâmes comme mort, tordu par son mal dans un
fossé, à l’entrée de la nuit. Nous le rapportâmes chez nous dans une
brouette, et nous passâmes la nuit à le soigner. Trois jours après il
était de noce, chantait comme une grive et sautait comme un cabri, se
trémoussant à l’ancienne mode. En sortant d’un mariage, il allait
creuser une fosse et clouer une bière. Il s’en acquittait pieusement,
et quoiqu’il n’y parût point ensuite à sa belle humeur, il en
conservait une impression sinistre qui hâtait le retour de son accès.
Sa femme, paralytique, ne bougeait de sa chaise depuis vingt ans. Sa
mère en a cent quatre, et vit encore. Mais lui, le pauvre homme, si
gai, si bon, si amusant, il s’est tué l’an dernier en tombant de son
grenier sur le pavé. Sans doute, il était en proie au fatal accès de
son mal, et, comme d’habitude, il s’était caché dans le foin pour ne
pas effrayer et affliger sa famille. Il termina ainsi, d’une manière
tragique, une vie étrange comme lui-même, un mélange de choses lugubres
et folles, terribles et riantes, au milieu desquelles son coeur était
toujours resté bon et son caractère aimable.
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