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Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.
Georges Charles Huysmans
Dans « A rebours » (1884) Huysmans parle « d’éplepsie mystique » et nous
offre une recette du « De viribus herbarum » pour guérir l’épilepsie.
Il affectait alors des prétentions démesurées à
la profondeur; quelques complaisants criaient au génie, feignaient de
le considérer comme le grand homme, comme le puits de science du
siècle, un puits peut-être, mais au fond duquel l’on ne voyait bien
souvent goutte. Dans son volume, Paroles de Dieu, où il paraphrasait
les Ecritures et s’efforçait de compliquer leur sens à peu près clair;
dans son autre livre, l’Homme, dans sa brochure, le Jour du Seigneur,
rédigée dans un style biblique, entrecoupé et obscur, il apparaissait
ainsi qu’un apôtre vindicatif, orgueilleux, rongé de bile, et il se
révélait également tel qu’un diacre atteint de l’ épilepsie mystique,
tel qu’un de Maistre qui aurait du talent, tel qu’un sectaire hargneux
et féroce.
Son attirance diminuait avec la fin de ces deux
siècles; peu ravi, en somme, par la pesante masse des latinistes
carlovingiens, les Alcuin et les Eginhard, il se contentait, comme
spécimen de la langue au IXème siècle, des chroniques de l’anonyme de
saint Gall, de Fréculfe et de Réginon, du poème sur le siège de Paris
tissé par Abbo le Courbé, de l’Hortulus, le poème didactique du
bénédictin Walafrid Strabo, dont le chapitre consacré à la gloire de la
citrouille, symbole de la fécondité, le mettait en liesse; du poème
d’Ermold le Noir, célébrant les exploits de Louis le Débonnaire, un
poème écrit en hexamètres réguliers, dans un style austère, presque
noir, dans un latin de fer trempé dans les eaux monastiques, avec, çà
et là, des pailles de sentiment dans le dur métal; du De viribus
herbarum, le poème de Macer Floridus, qui le délectait particulièrement
par ses recettes poétiques et les très étranges vertus qu’il prête à
certaines plantes, à certaines fleurs: à l’aristoloche, par exemple,
qui, mélangée à de la chair de boeuf et placée sur le basventre d’une
femme enceinte, la fait irrémédiablement accoucher d’un enfant mâle; à
la bourrache qui, répandue en infusion dans une salle à manger, égaye
les convives; à la pivoine dont la racine broyée guérit à jamais du
haut mal ; au fenouil qui, posé sur la poitrine d’une femme, clarifie
ses eaux et stimule l’indolence de ses périodes.
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