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L’épilepsie dans la littérature : Jean de La Bruyère Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.

Jean de La Bruyère

Jean de la BruyèreDans « Les Caractères » (1688) La Bruyère cite l’épilepsie dans son chapitre sur la superstition ainsi que dans un inventaire des maladies supposées guéries par les remèdes du médecin Carro Carri.

La superstition semble n’être autre chose qu’une crainte mal réglée de la Divinité. Un homme superstitieux, après avoir lavé ses mains et s’être purifié avec de l’eau lustrale, sort du temple, et se promène une grande partie du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. S’il voit une belette, il s’arrête tout court, et il ne continue pas de marcher que quelqu’un n’ait passé avant lui par le même endroit que cet animal a traversé, ou qu’il n’ait jeté lui-même trois petites pierres dans le chemin, comme pour éloigner de lui ce mauvais présage. En quelque endroit de sa maison qu’il ait aperçu un serpent, il ne diffère pas d’y élever un autel; et dès qu’il remarque dans les carrefours de ces pierres que la dévotion du peuple y a consacrées, il s’en approche, verse dessus toute l’huile de sa fiole, plie les genoux devant elles, et les adore. Si un rat lui a rongé un sac de farine, il court au devin, qui ne manque pas de lui enjoindre d’y faire mettre une pièce; mais bien loin d’être satisfait de sa réponse, effrayé d’une aventure si extraordinaire, il n’ose plus se servir de son sac et s’en défait. Son faible encore est de purifier sans fin la maison qu’il habite, d’éviter de s’asseoir sur un tombeau, comme d’assister à des funérailles, ou d’entrer dans la chambre d’une femme qui est en couche; et lorsqu’il lui arrive d’avoir pendant son sommeil quelque vision, il va trouver les interprètes des songes, les devins et les augures, pour savoir d’eux à quel dieu ou à quelle déesse il doit sacrifier. Il est fort exact à visiter, sur la fin de chaque mois, les prêtres d’Orphée, pour se faire initier dans ses mystères; il y mène sa femme; ou si elle s’en excuse par d’autres soins, il y fait conduire ses enfants par une nourrice. Lorsqu’il marche par la ville, il ne manque guère de se laver toute la tête avec l’eau des fontaines qui sont dans les places; quelquefois il a recours à des prêtresses, qui le purifient d’une autre manière, en liant et étendant autour de son corps un petit chien ou de la squille. Enfin, s’il voit un homme frappé d’ épilepsie , saisi d’horreur, il crache dans son propre sein, comme pour rejeter le malheur de cette rencontre.

 
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