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Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.
Jean-Jacques Rousseau
Jean-Jacques Rousseau confesse sa réaction de fuite devant la crise d’épilepsie de son maître.
Dans un texte plus osé il avoue avoir confondu l’orgasme d’un homme se masturbant avec une crise de haut mal.
Les Confessions - Livre Troisième
Le troisième aveu (Crise d’épilepsie du maître)
A peine pûmes-nous attendre que nous fussions seuls pour commencer nos
éclats de rire, et j’avoue qu’ils me reprennent encore en y pensant,
car l’on ne saurait imaginer une espièglerie mieux soutenue et plus
heureuse. Elle nous eût égayés durant toute la route, si M. le Maître
qui ne cessait de boire et de battre la campagne, n’eût été attaqué
deux ou trois fois d’une atteinte à laquelle il devenait très sujet et
qui ressemblait fort à l’épilepsie. Cela me jeta dans des embarras qui
m’effrayèrent, et dont je pensai bientôt à me tirer comme je pourrais.
[…]
Deux jours après notre arrivée à Lyon, comme nous passions dans une
petite rue, non loin de notre auberge, Le Maître fut surpris d’une de
ses atteintes, et celle-là fut si violente que j’en fus saisi d’effroi.
Je fis des cris, appelai du secours, nommai son auberge, et suppliai
qu’on l’y fit porter; puis, tandis qu’on s’assemblait et s’empressait
autour d’un homme tombé sans sentiment et écumant au milieu de la rue,
il fut délaissé du seul ami sur lequel il eût dû compter. Je pris
l’instant où personne ne songeait à moi; je tournai le coin de la rue
et je disparus. Grâce au ciel, j’ai fini ce troisième aveu pénible.
S’il m’en restait beaucoup de pareils à faire, j’abandonnerais le
travail que j’ai commencé.
Les Confessions - Livre Deuxième
Le lendemain, d’assez bon matin, nous étions tous deux seuls dans la
salle d’assemblée: il recommença ses caresses, mais avec des mouvements
si violents qu’il en était effrayant. Enfin, il voulut passer par
degrés aux privautés les plus malpropres et me forcer, en disposant de
ma main, d’en faire autant. Je me dégageai IMPétueusement en poussant
un cri et faisant un saut en arrière, et, sans marquer ni indignation
ni colère, car je n’avais pas la moindre idée de ce dont il s’agissait,
j’exprimai ma surprise et mon dégoût avec tant d’énergie, qu’il me
laissa là: mais tandis qu’il achevait de se démener, je vis partir vers
la cheminée et tomber à terre je ne sais quoi de gluant et de
blanchâtre qui me fit soulever le coeur. Je m’élançai sur le balcon,
plus ému, plus troublé, plus effrayé même que je ne l’avais été de ma
vie, et prêt à me trouver mal. Je ne pouvais comprendre ce qu’avait ce
malheureux; je le crus saisi du haut mal, ou de quelque frénésie encore
plus terrible, et véritablement je ne sache rien de plus hideux à voir
pour quelqu’un de sang-froid que cet obscène et sale maintien, et ce
visage affreux enflammé de la plus brutale concupiscence. Je n’ai
jamais vu d’autre homme en pareil état; mais si nous sommes ainsi dans
nos transports près des femmes, il faut qu’elles aient les yeux bien
fascinés pour ne pas nous prendre en horreur. Je n’eus rien de plus
pressé que d’aller conter à tout le monde ce qui venait de m’arriver.
Notre vieille intendante me dit de me taire, mais je vis que cette
histoire l’avait fort affectée, et je l’entendais grommeler entre ses
dents: Can maledet! brutta bestia! Comme je ne comprenais pas pourquoi
je devais me taire, j’allai toujours mon train, malgré la défense, et
je bavardai si bien que le lendemain un des administrateurs vint de bon
matin m’adresser une assez vive mercuriale, m’accusant de faire
beaucoup de bruit pour peu de mal et de commettre l’honneur d’une
maison sainte.
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