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Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.
Stendhal
Julien Sorel, héros de “Le Rouge et le Noir” (1830) serait-il épileptique ?
Le Rouge et le Noir, livre premier, chapitre XXV
Dix minutes se passèrent
ainsi; l’homme mal vêtu écrivait toujours. L’émotion et la terreur de
Julien étaient telles qu’il lui semblait être sur le point de tomber.
Un philosophe eût dit, peut-être en se trompant: c’est la violente
impression du laid sur une âme faite pour aimer ce qui est beau.
L’homme qui écrivait leva la tête; Julien ne s’en aperçut qu’au bout
d’un moment, et même, après l’avoir vu, il restait encore immobile
comme frappé à mort par le regard terrible dont il était l’objet. Les
yeux troublés de Julien distinguaient à peine une figure longue et
toute couverte de taches rouges, excepté sur le front, qui laissait
voir une pâleur mortelle. Entre ces joues rouges et ce front blanc,
brillaient deux petits yeux noirs faits pour effrayer le plus brave.
Les vastes contours de ce front étaient marqués par des cheveux épais,
plats et d’un noir de jais.
- Voulez-vous approcher, oui ou non? dit enfin cet homme avec impatience.
Julien s’avança d’un pas mal assuré, et enfin, prêt à tomber et pâle,
comme de sa vie il ne l’avait été, il s’arrêta à trois pas de la petite
table de bois blanc couverte de carrés de papier.
- Plus près, dit l’homme.
Julien s’avança encore en étendant la main, comme cherchant à s’appuyer sur quelque chose.
- Votre nom?
- Julien Sorel.
- Vous avez bien tardé, lui dit-on, en attachant de nouveau sur lui un oeil terrible.
Julien ne put supporter ce regard; étendant la main comme pour se
soutenir, il tomba tout de son long sur le plancher. L’homme sonna.
Julien n’avait perdu que l’usage des yeux et la force de se mouvoir; il
entendit des pas qui s’approchaient.
On le releva, on le plaça sur le petit fauteuil de bois blanc. Il entendit l’homme terrible qui disait au portier:
- Il tombe du haut mal apparemment, il ne manquait plus que ça.
Quand Julien put ouvrir les yeux, l’homme à la figure rouge continuait
à écrire; le portier avait disparu. Il faut avoir du courage, se dit
notre héros, et surtout cacher ce que je sens: il éprouvait un violent
mal de coeur; s’il m’arrive un accident, Dieu sait ce qu’on pensera de
moi. Enfin l’homme cessa d’écrire, et regardant Julien de côté:
- Etes-vous en état de me répondre?
- Oui, Monsieur, dit Julien, d’une voix affaiblie.
- Ah! c’est heureux.
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