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L’épilepsie dans la littérature : Victor Hugo Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Nous avons recueilli pour vous quelques textes, des plus connus (La Bible) aux plus divertissants (Pennac), qui parlent de l’épilepsie où mettent en scène des crises d’épilepsie. La loi sur la protection des oeuvres littéraires ne nous autorise pas à reproduire certains textes, seules les références apparaissent alors dans l’attente de l’autorisation des éditeurs.

Victor Hugo

Victor Hugo Dans “Notre-Dame de Paris” (1831) Victor Hugo fait une allusion à l’épilepsie dans sa description de la cour des miracles.
Dans “La Légende des siècles”, le mot “épileptique” est utilisé de façon poétique. Ces usages marginaux permettent de saisir quelque peu l’image que Victor Hugo avait du fait épileptique.

Notre-Dame de Paris

Autour d’un grand feu qui brûlait sur une large dalle ronde, et qui pénétrait de ses flammes les tiges rougies d’un trépied vide pour le moment, quelques tables vermoulues étaient dressées, çà et là, au hasard, sans que le moindre laquais géomètre eût daigné ajuster leur parallélisme ou veiller à ce qu’au moins elles ne se coupassent pas à des angles trop inusités. Sur ces tables reluisaient quelques pots ruisselants de vin et de cervoise, et autour de ces pots se groupaient force visages bachiques, empourprés de feu et de vin. C’était un homme à gros ventre et à joviale figure qui embrassait bruyamment une fille de joie, épaisse et charnue. C’était une espèce de faux soldat, un narquois, comme on disait en argot, qui défaisait en sifflant les bandages de sa fausse blessure, et qui dégourdissait son genou sain et vigoureux, emmailloté depuis le matin dans mille ligatures. Au rebours, c’était un malingreux qui préparait avec de l’éclaire et du sang de boeuf sa jambe de Dieu du lendemain. Deux tables plus loin, un coquillart, avec son costume complet de pèlerin, épelait la complainte de Sainte-Reine, sans oublier la psalmodie et le nasillement. Ailleurs un jeune hubin prenait leçon d’épilepsie d’un vieux sabouleux qui lui enseignait l’art d’écumer en mâchant un morceau de savon. A côté, un hydropique se dégonflait, et faisait boucher le nez à quatre ou cinq larronnesses qui se disputaient à la même table un enfant volé dans la soirée. Toutes circonstances qui, deux siècles plus tard, semblèrent si ridicules à la cour, comme dit Sauval, qu’elles servirent de passe-temps au roi et d’entrée au ballet royal de La Nuit, divisé en quatre parties et dansé sur le théâtre du Petit-Bourbon. “Jamais, ajoute un témoin oculaire de 1653, les subites métamorphoses de la Cour des Miracles n’ont été plus heureusement représentées. Benserade nous y prépara par des vers assez galants.”

La Légende des siècles, partie 44. Tout le passé et tout l’avenir

Si ton souffle pouvait, ô folle créature,
Casser l’amarre du soleil!
Car rien n’est à ton gré; tout te met mal à l’aise.
Ce coin du ciel est donc fait de plomb, qu’il te pèse?
Oh! tu voudrais rompre le sceau!
Comme tu frapperais dans tes mains, ombre frêle,
Pour la faire envoler de sa branche éternelle,
Si la terre était un oiseau!
Hautain, dédaignant tout, que ta nef vogue ou sombre,
Tu voudrais t’en aller dans le désert de l’ombre,
Fuir comme fuyaient les hébreux.
Tu dis: Rien de nouveau! tu dis avec colère
Toujours la même aurore! Et l’étoile polaire
T’ennuie, ô pauvre oeil ténébreux.
Tu t’irrites d’être homme, oubli, poussière, atome;
D’ignorer quel épi tu portes, ô vil chaume!
D’être une algue dans le reflux;
De trembler comme un cerf que suit une lionne,
Et d’être, sous le ciel qui reste et qui rayonne,
Celui qui passe et qui n’est plus;
Et de ne pouvoir pas faire avec tes menaces,
Avec tes doigts crispés et tes ongles tenaces,
Ta sagesse et ta passion,
Tes faux temples, tes faux soleils, tes faux tonnerres,
Tes meurtres, tes fureurs, tes crimes et tes guerres,
Un pli dans la création!
Ces myopes, jugeant le monde à leur optique,
Disent: - “Tout est manqué, la mer épileptique
Bave sur les écueils grondants;
La nuit fait le hibou si le jour fait le cygne,
La mort, chienne de l’ombre, à qui Satan fait signe,
Tient l’âme humaine entre ses dents.
“Que nous veut la planète? et le globe? et la sphère?
Un monde est un néant. Dieu ne savait que faire,
Et bâillait, seul dans son réduit,
Quand, semant au hasard son oeuvre et ses paroles,
Il jeta dans les cieux toutes ces outres folles,
Ivres de vent, pleines de bruit.
“Qu’est-ce qu’un Dieu masqué dans l’incompréhensible?
Pourquoi le bien voilé? Pourquoi le mal visible?
Pourquoi tant de brume autour d’eux?
Pourquoi tant de Fléaux sur la terre indignée?
Et pourquoi voyons-nous ces toiles d’araignée
Dans le crépuscule hideux?
“Pourquoi le dur taureau qui frappe à coups de corne?
Pourquoi l’impur typhus sorti du marais morne
Où jadis l’hydre s’embourbait?
Christ voyait; à quoi bon aveugler Pythagore?
Le lys est beau; pourquoi créer la mandragore
Des gouttes de sang du gibet?
“L’azur est radieux; mais pourquoi le nuage?
L’amour rit; mais pourquoi la douleur, ce péage?

 
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