|
Quand on prend un chemin, on ne sait pas où on va ni qui on va
rencontrer. Mon chemin, il a commencé avec des bosses, des ronces mais
rien de méchant…
Puis un jour, elle ma prise par surprise ; dans un jeu de courses
poursuite, j’avais 13 ans: j’ai fait ma première crise.
Je pensais à un accident, mais c’est à partir de ce jour que j’ai
commencé à passer des examens, puis il y a eu les traitements ; je ne
me rendais pas compte de ma chance : j’étais épileptique mais mon
traitement m’équilibrait bien.
Je ne sais pas pourquoi, mais les crises ont repris 4 ans plus tard,
j’étais en première, en cours : j’ai perturbé toute la classe. Le
lendemain, j’ai eu droit au résumé de la scène, aux questions, aux
regards. Même si ce n’était pas bien méchant, j’étais le sujet
intéressant du lycée… c’était ma première crise publique ; il en reste
toujours une humiliation par rapport aux personne qui m’ont vu faire la
crise. Les examens ont recommencés, toujours sans résultats.
En résumé, j’ai dû changer plusieurs fois de traitement : soit je ne
les supportais pas, soit je faisais encore des crises… puis on a pu
équilibrer mon dosage.
C’est à ce moment là que je suis passée par la phase de rejet de cette
maladie : j’avais une grande colère intérieure. Je rejetais tout:le
lycée (j’ai tout arrêté), les amis et la famille… je voulais être
seule.
Pour tout le monde, j’étais la malade ; plus on était derrière moi et
moins j’avais envie de me battre. Je ne voulais pas en parler, je me
sentais pestiférée. Heureusement, on m’a aidée à sortir de cette petite
dépression.
Quand j’ai eu du travail, j’ai repris le dessus.
Personne ne me connaissait, je tournais la page.
Je travaillais avec les enfants, tout allait bien avec ce traitement…
puis on m’a dit qu’ils allaient me l’enlever pour m’en mettre un autre
de plus récent.
C’est avec ce nouveau changement que le cauchemar a recommencé, cela a
même empiré puisque même en le prenant et en l’augmentant, je continue,
aujourd’hui encore à 30 ans, à faire des crises. Actuellement, j’en
suis au 6eme traitement.
Je ne sais pas où ce chemin va me mener, c’est vrai que j’en ai
beaucoup souffert, et j’en soufre encore, mais heureusement que sur ce
chemin chaotique, j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré des gens
qui m’ont soutenue et encouragée dans les moment difficiles. Je me
rends compte que cette maladie m’a élevée spirituellement et que c’est
ce qui me donne la force de me battre.Ca m’a appris à mieux me
connaître et à être plus humble et reconnaissante des petits bonheur
qui nous arrivent.
Lorette
|