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Le préalable à toute discussion chirurgicale est une démarche
médicale visant à classer l’épilepsie en accord avec la
classification internationale, à localiser le ou les
foyers
épileptogènes et à identifier une éventuelle
étiologie.
Classification de l’épilepsie
Elle repose sur l’âge de début de l’épilepsie, les antécédents familiaux, l’examen
clinique,
la Séméiologie
électroclinique des crises et
l’ EEG
inter-critique.
Elle permet de distinguer les épilepsies partielles des épilepsies
généralisées ou
multifocales
et de définir des
syndromes
épileptiques.
Recherche d’une étiologie
L’examen
clinique
neurologique et cutané de même que les antécédent personnels et
familiaux orientent vers certaines étiologies en particulier les
syndromes
neurocutanés dominés par la
maladie de Bourneville.
Dans la recherche d’une
Lésion
causale l’examen essentiel est l’imagerie cérébrale.
Celle-ci apporte des informations sur l’étiologie et précise la
topographie des anomalies. L’imagerie par résonance magnétique par
sa haute définition est l’examen de choix qui permet de détecter des
lésions
invisibles sur le
Scanner.
Une anesthésie générale est indispensable si l’enfant est très jeune
et non coopérant afin d’obtenir des images de bonne qualité. Les
séquences T1 T2, FLAIR et inversion récupération sont indispensables
pour détecter des malformations localisées comme les
dysplasies,
une cause fréquente d’épilepsie lésionnelle du très jeune enfant.
Les anomalies radiologiques sont parfois évidentes, parfois plus
discrètes se résumant souvent à un gyrus épaissi ou une
dédifférenciation entre substance blanche et substance grise,
visible uniquement sur certaines séquences. Le
scanner
est indispensable lorsque l’on recherche des
calcifications
(dysplasies, Sturge Weber,
maladie de Bourneville).
Localisation des foyers épileptogènes
Le
Foyer
épileptogène se définit par le volume cortical impliqué dans la
genèse des crises d’épilepsie. Son identification repose sur un
faisceau d’arguments et relève d’une approche pluridisciplinaire.
Les examens neurologiques et neuropsychologiques permettent de
rechercher des signes focaux déficitaires ayant une valeur
localisatrice et ils constituent un examen de
référence permettant de suivre l’évolution des
patients après un éventuel geste chirurgical.
L’examen essentiel est l’enregistrement
EEG
vidéo de
Scalp :
il permet d’observer directement et autant de fois qu’il est
nécessaire les crises d’épilepsie enregistrées
et d’avoir simultanément le tracé EEG. Cet examen
permet d’établir les corrélations
électro-cliniques tout au long du déroulement d’une
crise et apporte des données topographiques essentielles.
Pour que la valeur localisatrice soit aussi précise que
possible et dans une perspective chirurgicale l’enregistrement doit
se faire de façon rigoureuse : les électrodes
doivent être placées sur le
scalp
en respectant le schéma international 10/20. Une radiographie de
contrôle effectuée sur un profil strict permet de contrôler la
position des électrodes. L’enregistrement doit couvrir au minimum le
nycthémère car le sommeil est un activateur des crises de l’enfant
en particulier dans les
épilepsies frontales.
La présence des parents est indispensable pendant
l’enregistrement car l’expérience leur permet de signaler les
crises habituelles à leur tout début. En cas
d’épilepsie polymorphe l’enfant doit être gardé
le temps nécessaire à l’enregistrement de tous les
types de crise. Dans notre expérience un
EEG
vidéo de scalp pré chirurgical dure en moyenne 2 à 5 jours. La
tolérance de l’examen est bonne si l’enfant est avec ses parents
dans un environnement adapté. Au cours des crises l’examen
clinique
apporte des informations complémentaires : on teste la
vigilance, la compréhension verbale, l’exécution des
ordres simples ; le langage. On recherche une déficit
moteur ou une amputation du champ visuel ; au décours de
la crise on interroge l’enfant sur le vécu de sa crise en
insistant sur les tous premiers signes dont la valeur localisatrice
est fondamentale. L’interrogatoire est souvent difficile voire
impossible en de raison de l’âge et de l’état
neurologique de certains enfants. Dans ce cas les signes objectifs
d’examen sont les seuls utilisables.
Dans les épilepsies
temporales,
l’implantation d’une électrode dans le foramen ovale permet de
préciser l’activité des régions internes en particulier
hippocampiques.
Elle est utile lorsqu’il existe une incertitude sur une origine
temporale interne ou externe des crises et pour apprécier la
vitesse de propagation entre ces deux régions.
L’utilisation d’un logiciel de détection des crises est systématique
pour tout enregistrement intracrânien et souhaitable pour certains
enregistrements de surface. Il permet d’enregistrer les crises ou
décharges qui sont
infracliniques,
les crises nocturnes dont la seule manifestation apparente est un
réveil, ou les crises
frontales
qui se résument parfois à de subtiles modifications du comportement
difficiles à voir chez un enfant encéphalopathe ou psychotique.
L’imagerie fonctionnelle
(SPECT
et
PET)
est une technique intéressante dans les épilepsies partielles car
les modifications de débit sanguin cérébral ou métaboliques
observées en
per
ou
intercritique
présentent une bonne corrélation avec la topographie du
foyer
épileptogène. Les résultats doivent être interprétés en fonction de
l’horaire d’injection par rapport au début de la crise et corrélés
aux données électrocliniques et à l’imagerie.
Les autres explorations
fonctionnelles
(IRM fonctionnelle,
test de WADA) ont pour objectif de latéraliser
l’ Hémisphère
dominant pour le langage essentiellement.
Le principe du test de Wada consiste à anesthésier un
hémisphère
en injectant dans la carotide interne un barbiturique d’action
rapide (aminobarbital) et à tester le langage et la mémoire en
présentant au patient divers objets et images qu’il doit dénommer et
mémoriser. Un
électroencéphalogramme
de
scalp
réalisé simultanément permet de vérifier, par l’apparition d’ondes
lentes hémisphériques, l’imprégnation barbiturique et son caractère
unilatéral. L’injection provoque une
Hémiplégie
et une
Hémianopsie
controlatérales
pendant environ 5 minutes. Si l’hémisphère injecté est
l’hémisphère dominant, on observe un arrêt du langage qui n’est
interprétable que si la conscience est conservée.
L’IRM fonctionnelle
(IRMf) du langage est détaillée
ailleurs.
C’est un examen qui a l’avantage par rapport au Wada d’être non
invasif. Des études réalisées chez les patients épileptiques adultes
montrent qu’il existe une bonne corrélation entre Wada et fIRM. Chez
l’enfant les études comparatives de ces deux techniques sont
actuellement en cours et le Wada reste pour l’instant indispensable
avant toute chirurgie.
Ces examens (Wada, IRMf) sont indiqués lorsque l’épilepsie siège à
proximité des zones de langage et s’il existe un doute sur la
dominance hémisphérique ou si celle-ci est bilatérale. Ils
nécessitent une compréhension des consignes et une bonne coopération
de l’enfant et ne peuvent être réalisées avant
8-10 ans ou chez des patients avec retard mental.
Dans le cas des
lésions
congénitales étendues ou hémisphériques du jeune enfant, le langage
se développe le plus souvent du coté opposé à la
lésion
(10) ; dans notre expérience personnelle nous avons observé des
possibilités de développement du langage par
l’hémisphère
non dominant dans les lésions acquises comme les
encéphalites de Rasmussen
lorsque la maladie intéresse l’hémisphère dominant parfois beaucoup
plus tard que le traditionnel âge de 6 ans.
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