Les risques liés à l'épilepsie

Mise au point sur la Depakine - d’après les recommandations 2017 de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

Cet article a pour but de vous informer des effets potentiels du traitement par le Valproate de Sodium (Depakine, Micropakine et autres génériques), chez la femme enceinte et de la conduite à tenir en cas de grossesse si vous prenez ce traitement. Le texte ci-dessous reprend pour la plupart les termes des recommandations 2017 de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

1 - Ce que vous devez savoir

Le valproate de sodium et ses dérivés: (Dépakine, dépakine chrono, micropakine, génériques à base de valproate) exposent à un risque élevé de malformations congénitales et de troubles du développement neurologique chez le fœtus.

Actuellement il ne doit plus être prescrit aux filles, aux adolescentes, aux femmes en âge de procréer, sauf exceptions en cas d’inefficacité ou d’intolérance aux autres traitements possibles et surtout en cas d’épilepsie ne répondant spécifiquement qu’au Valproate.

En pratique, s’il n’y a pas d’autre possibilité de traitement, la première prescription doit être faite par un spécialiste (neurologue ou neuropédiatre). Le renouvellement ultérieur de l’ordonnance peut être effectué par un médecin non spécialiste, dans la limite d’un an. Le neurologue devra réévaluer une fois par an le traitement et justifier ou non de sa poursuite.

Un formulaire d'accord de soin devra vous être remis par le prescripteur, après vous avoir expliqué la nécessité de ce traitement et vous avoir informé des risques. Après en avoir parlé avec lui, et si vous êtes d'accord, lisez attentivement ce formulaire et signez-le. Conservez le formulaire dont vous devrez remettre une copie à votre pharmacien pour toute délivrance du médicament. Une fiche d’information et une fiche de traitement doivent également vous être remises. 

2 - Ce que vous devez faire

Si vous êtes traitée par Valproate et qu’une grossesse débute, vous devez consulter rapidement un spécialiste. N’arrêtez pas de vous-même le traitement.

Si vous n’êtes pas enceinte ni désireuse de l’être, et traitée par Valproate, vous devez disposer d’une contraception efficace. Là aussi prenez un avis spécialisé. Il existe des interactions entre les antiépileptiques et les contraceptifs oraux pouvant réduire l’efficacité de ces derniers.(voir la page sur le thème de la contraception)

Si vous êtes traitée par Valproate et que vous envisagez une grossesse, il est nécessaire de planifier cette grossesse au moins 3 mois à l’avance, et de consulter votre neurologue pour étudier une possibilité de changement de traitement. Là encore n’arrêtez pas de vous-même le traitement (ni la contraception).

Si malgré ces précautions vous deviez mener votre grossesse sous Valproate, vous devrez bénéficier d’une surveillance plus étroite que la normale (entre autres une échographie supplémentaire est possible à la 18°semaine en plus des 3 échographies obligatoires). Il faudra prévoir de ne pas allaiter et votre enfant devra être lui aussi surveillé après la naissance.

Voir le site de l'ANSM rubrique "documents d’information disponibles, épilepsie". 

Brochure d'information à lire et conserver

Formulaire de protocole d'accord de soin (site ANSM)

Carte patiente (site ANSM)

Mise à jour février 2018

Carte d'information patiente - recto et verso

Autres antiépileptiques : pictogrammes

Les effets tératogènes (risques de malformation) existent avec d’autres antiépileptiques, comme d’ailleurs avec beaucoup d’autres médicaments, tout particulièrement neurotropes, c’est-à-dire agissant au niveau du cerveau. Là encore vous devez bénéficier d’une information par votre neurologue.

Des pictogrammes sont désormais apposés sur les boîtes de certains médicaments ; ils sont obligatoires depuis avril 2017. L’un (danger) signifie que le médicament  est potentiellement dangereux en cas de grossesse, et qu’il ne peut être  donné que s’il n’y pas d’autre possibilité de traitement. L’autre (interdit) indique que le médicament ne doit pas être donné à une femme enceinte.

Le Valproate fait l’objet d’un pictogramme « Danger », avec le commentaire suivant: Ne pas utiliser chez les filles, adolescentes, femmes en âge de procréer ou enceintes, sauf en cas d’échec des autres traitements.