L'épilepsie est un trouble neurologique cérébral se traduisant par des crises épileptiques, causées par le fonctionnement anormal transitoire de cellules nerveuses cérébrales (des neurones). Ce fonctionnement excessif et simultané des neurones donne pour résultat des décharges "électriques" soudaines, les décharges épileptiques, qui se traduisent cliniquement par les crises épileptiques.
On devrait parler des épilepsies, car de nombreuses causes, de nombreuses maladies cérébrales, sont à l'origine d'épilepsie qui se traduit par la répétition de crises épileptiques.
Avoir une crise épileptique ne signifie pas nécessairement que l'on souffre d'une épilepsie. Une épilepsie se définit par la survenue de crises RÉPÉTÉES, qui se manifestent plus ou moins fréquemment et plus ou moins longtemps dans la vie d'un individu.

Épilepsie : n. f.

"Ensemble de symptômes caractérisés par des crises répétitives qui sont l'expression clinique d'une décharge électrique anormale, soudaine, excessive et transitoire dans le système nerveux central."

"L'épilepsie peut être symptomatique d'une lésion acquise, aiguë ou chronique, ou d'une perturbation idiopathique, avec ou sans prédisposition familiale."

"Il existe autant d'expressions cliniques que de fonctions cérébrales, mais les plus fréquentes sont la perte de connaissance et la "convulsion". Les crises peuvent être d'emblée généralisées (absences ex petit mal, ou tonico-cloniques généralisées ex grand mal) ou partielles (simples ou complexes) avec ou sans généralisation secondaire."

Tiré de Terminologie de neuropsychologie et de neurologie du comportement, Louise Bérubé, 1991, Éditions de la Chenelière.

Ces crises peuvent avoir lieu dans différentes régions du cerveau et se traduisent alors par diverses expressions cliniques. En fonction de la localisation et du rôle des cellules cérébrales touchées, on observe des crises ayant des manifestations cliniques différentes. Ces différents types de crises peuvent être divisés en deux grands groupes : les crises généralisées et les crises partielles.

Les crises généralisées affectent l'ensemble ou une grande partie du cortex cérébral. Elles se caractérisent par une perte de conscience et des secousses musculaires répétées ou par des absences caractérisées par une rupture du contact.

Les crises partielles n'impliquent qu'une partie limitée du cerveau. Elles peuvent évoluer vers une crise généralisée. Les crises partielles se divisent en deux catégories : les crises partielles simples et les crises partielles complexes.

En raison des multiples facettes que peuvent prendre les crises, de leur âge de survenue, de leur évolution et surtout de leurs diverses causes, on ne parle pas d'une épilepsie mais des épilepsies. La Ligue Internationale Contre l'Épilepsie a proposé une classification qui énumère de nombreux syndromes épileptiques. Cette classification des épilepsies en syndrome est en cours de révision. Elle est surtout utilisée par les médecins, tout particulièrement chez l'enfant, d'une part pour mieux comprendre les causes des épilepsies, d'autre part pour établir un pronostic et utiliser des traitements adaptés à chaque syndrome…

L'épilepsie est le trouble neurologique le plus fréquent après la migraine. En France, il y aurait 400.000 à 500.000 personnes épileptiques. Chaque année, 4.000 enfants de moins de 10 ans deviennent épileptiques. Les neurologues sont les médecins qualifiés pour traiter l'épilepsie. Les neuro-pédiatres sont des pédiatres spécialisés pour soigner les maladies neurologiques des enfants. Grâce aux techniques d'exploration du cerveau et aux nouvelles thérapeutiques, le diagnostic et les soins aux personnes épileptiques ont été améliorés. Dans la plupart des cas, l'épilepsie peut être contrôlée par des médicaments. Environ 70% des cas d'épilepsie chez l'enfant n'entraînent pas de grandes difficultés.

L'épilepsie ne connaît pas de limites géographiques, raciales ou sociales. Environ 5% de la population mondiale connaîtra une crise au cours de sa vie. On estime à 40 millions le nombre de personnes souffrant d'épilepsie sur le globe, en majorité des enfants, des adolescents et des personnes âgées. En raison des ressources économiques et des conditions sociales, 3 personnes épileptiques sur 4 ne sont pas soignées.